Autour de la « chronique assassine » : Williams Sassine et la presse satirique en Guinée

Par Nicole Denayrolles, 6 février, 2024
W. Sassine

21 et 22 mars 2024 - Université Paul-Valéry Montpellier 3
Site St. Charles 2, salle des actes 009

 

Les « chroniques assassines » de l’écrivain Williams Sassine (1944-1997), parues à Conakry dans le journal Le Lynx entre 1992 et 1997, constituent un corpus accessible en ligne depuis l’automne 2020 sur la plateforme EMAN (Édition de Manuscrits et d'Archives Numériques) liée à l’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM).

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Cette journée d’étude vise à croiser les approches historiennes, littéraires, linguistiques et sociologiques autour de ce corpus, dans la lignée de travaux récents ayant contribué à (re)découvrir la trajectoire et l’oeuvre décisive de Williams Sassine, dont ils ont montré que ces textes journalistiques étaient partie prenante (Baker, 2014 ; Degon, 2016 ; Paravy, 2019).

Comment décrire l’évolution de l’écriture de Williams Sassine, romancier et dramaturge nomade devenu journaliste dans son pays d’origine, et ses traits stylistiques, génériques, rhétoriques et poétiques en fonction de ses différents supports matériels ? En quoi ces chroniques contribuent-elles à éclairer et documenter l’histoire sociale, culturelle et politique guinéenne ? Comment positionner Le Lynx, hebdomadaire toujours actif aujourd’hui, au sein des médias guinéens et de la presse satirique africaine, inspirée notamment du modèle français du Canard enchaîné, dont les formes ont circulé dans différents pays d’Afrique subsaharienne depuis les années 1990 ?

On accueillera des communications visant à élucider la langue, le bestiaire et le lexique adoptés dans ces chroniques, à en éclairer la réception critique et publique en Guinée, en lien notamment avec l’actualité politique, à les mettre en rapport avec d’autres corpus médiatiques ou littéraires, à commencer par les autres textes romanesques, dramatiques et journalistiques (par exemple dans L’Éducateur) publiés par Sassine, pour en restituer la spécificité ou au contraire les éléments de continuité.

En prise avec un nouvel environnement de travail propre aux humanités numériques, ayant rejailli sur l’étude des médias, on abordera aussi des questions de méthodologie et de bonnes pratiques face aux possibilités de collecte, de numérisation et d’analyse de manuscrits et de corpus de presse africains. La journée sera ponctuée par des mises en voix d'extraits des chroniques afin de faire entendre ces textes.

Les rencontres donneront à voir et à entendre :

• Une introduction générale posant les enjeux scientifiques et artistiques de l’étude, via les
textes de Williams Sassine, de corpus de littérature et de presse satirique en Afrique (Claire
Ducournau, Pénélope Dechaufour)

• Entre six et huit interventions d’une trentaine de minutes par quelques-un-es des meilleur-es spécialistes de l’oeuvre de Williams Sassine et/ou de littérature, d’histoire ou de médias guinéens et/ou africains (Charlotte Baker, Elara Bertho, Mamadou Dinde Diallo, Fatoumata Diaraye, Mamadou Yaya Sow, Bachir Tamsir Niane, Laure Demougin)

• Une mise en voix d’une sélection de « chroniques assassines » par des étudiant-es en études théâtrales

• Une captation vidéo de la représentation dramaturgique du Zéhéros n’est pas n’importe qui par Ibrahim Ba

• Une table ronde abordant la postérité journalistique, artistique et littéraire de Williams Sassine et l’état de ses archives, certains enjeux propres à la numérisation des chroniques en prise avec la présence des humanités dites numériques en Afrique avec 3 ou 4 intervenant-es (notamment Bernard Mouralis, Ibrahim Ba, Elisabeth Degon).

Sassine dessin